Chapitre 39
Chapitre 39
Le lendemain matin, après
s’être remis de leurs émotions et pris un bon petit déjeuner, il est temps
pour les chasseurs de trésors amateurs de prévenir Raymond à qui jusqu’à
présent la déconvenue a été épargnée.
Alex appelle :
—
Comment vas-tu Raymond ?
— Moi ça va et vous ? Vous devez être
contents. Vous l’avez ouverte cette caisse ?
— Justement oui.
— Comment ça justement ? Tu m’inquiètes.
— Justement il y a un
petit problème.
— Ah bon !
Alex est rassuré. Le stade « il y
a un petit problème » est passé en évitant la crise cardiaque. Ça devrait
aller pour la suite.
— Le problème, c’est que la caisse ne
contient pas ce que l’on pensait.
— Ne me fais pas languir,
qu’est-ce qu’il y a dans cette caisse ?
— Du plomb.
—
QRZ ?
— Du plomb.
— Coquin de sort. Du plomb ?
— Oui
il y en a bien vingt kilos mais c’est du plomb.
— Et qu’est-ce que
vous allez en faire, des tuyaux ?
— Je suis content que tu le prennes
comme ça.
— Comment tu veux que je le prenne ? Personne n’a encore
réussi à changer du plomb en or. Je serais étonné qu’on y arrive cette
fois-ci. Mais vous savez ce qui s’est passé ?
Alex explique la théorie de Patrick.
— C’est pas con. J’étais un peu inquiet depuis que vous aviez trouvé
cette sacoche avec la photo du bateau et le point de rendez-vous car je me
disais qu’il pouvait encore y avoir du monde à la poursuite de cet or. Mais
maintenant que tu me dis que c’était du plomb, je suis rassuré sur ce point.
Vous ne deviez pas être trop nombreux sur le coup !
— C’est vrai que
vu comme cela, c’est assez drôle.
— Qu’est-ce que vous allez faire
maintenant ?
— Et bien on va rentrer tranquillement. De toute façon la
cambuse s’allège.
— Arrivez vite, je vous attends et on se fait un
méga gueuleton.
— D’accord.
Alex était inquiet de la façon
dont il allait prendre la nouvelle. Raymond se moque de l’argent que
l’expédition aurait pu lui rapporter car il en a assez pour finir ces jours
confortablement. Alex sait que si son ami s’est lancé dans cette aventure, ce
n’était pas pour lui, mais pour eux et, le connaissant bien, il pense que sa
déception est encore plus forte mais qu’il la cache derrière des
fanfaronnades.
Nina de retour aux choses concrètes :
— Bon, maintenant, qu’est-ce qu’on va en faire de cette caisse ? On ne
va pas la ramener en Martinique pour l’exposer au musée de la connerie ? On
ne peut pas non plus la mettre à la baille dans ce joli coin où on voit si
bien le fond. Si on garde toutes nos ordures à bord, ce n’est pas pour
laisser une cochonnerie pareille au fond du mouillage.
Alex a une idée.
Il y a des choses qui ne servent à rien mais qui soulagent et laisser une
petite signature n’est pas pour lui déplaire.
La caisse est refermée
avec ses vis et ses clous comme elle était avant d’arriver sur le Sirius puis
déposée dans le zodiac. Dom, Béa, Nina et Alex y descendent et se dirigent
vers la plage. Murielle a de la lessive à faire. Patrick veut classer des
photos et des notes dans son ordinateur. Ils tirent le zodiac sur la plage et
emportent la caisse vers la base militaire. Ils entrent dans la pièce qu’ils
avaient déjà visitée et pose la caisse sur le bureau. Puis Alex colle
méticuleusement derrière une vitre de la porte une feuille de papier sur
laquelle il a écrit en gros :
OBJETOS ENCONTRADOS.
Puis ils font une petite promenade sur
l’île, vont voir l’endroit où était amarré le bateau El Voluntario.
C’est un endroit bien organisé avec effectivement la possibilité d’y
amarrer un bateau mais pas un voilier comme le Sirius en raison de la profondeur
insuffisante de l’eau. Puis ils rentrent.
D’abord ils ne voient
personne.
— Hé ho, du bateau ?
Patrick passe la tête par la descente les
cheveux en bataille ce qui n’a rien d’étonnant. Suivi de peu par Murielle
dans le même état ce qui est moins courant. Visiblement ils dérangent. Un
vent de gêne flotte. Patrick ne trouve rien d’autre à dire que :
—
On faisait un peu de rangement.
Et c’est Béa qui détend
l’atmosphère :
— Vous voulez qu’on repasse plus tard ?
Sur
ce des rires fusent et Murielle rentre se cacher dans le bateau.
Ils
avaient bien remarqué certains regards mais personne ne pouvait deviner quand
cela arriverait.
Oublié l'or des garimpeiros, le véritable trésor
était à bord depuis le départ. Ils l’ont trouvé, ils peuvent maintenant
rentrer en Martinique le cœur léger.