Bien sûr ce bateau n’est pas un foudre de
guerre, c’est plus une Land Rover qu’une Ferrari mais une land Rover passe
mieux dans les trous et là où la Ferrari s’arrête, elle continue lentement
mais sûrement. Et c’était justement le but à sa conception. Dans des
moments difficiles, Alex a souvent remercié à voix basse le constructeur de
son bateau.
Alex, ancien ingénieur en électronique, une tignasse frisée
brune un peu grisonnante mais encore bien fournie, une paire de petites lunettes
rondes sur le nez, généralement mal rasé sauf le jour où sa moustache
commence à lui chatouiller le nez, s’est spécialisé par goût en
électronique de navigation maritime et aérienne. Il a développé un logiciel
de navigation et de pilotage en mer qui est devenu mondialement connu et dont le
Sirius utilise une version qu’il a spécialement adaptée à ses besoins. Il a
cessé de travailler depuis quelques années, a pris un peu d’embonpoint ce
dont il se rend bien compte quand il doit monter en haut de son mât, mais ne
semble pas prêt à une retraite tranquille.
Nina sa compagne de quelques
douze années plus jeune, rousse, les yeux verts, les pommettes saillantes
parsemées de taches de rousseurs est professeure en histoire de l’art. Elle a
fait toutes les études possibles et imaginables dans ce domaine mais se montre
d’une modestie parfois énervante en ponctuant ses phrases de peut-être pour
le cas où on pourrait croire qu'elle sait. Parfaitement à l’aise sur le
bateau qu’elle connaît par cœur, elle est aussi une centrale d’alarme
très performante. Le moindre petit bruit ou mouvement inhabituel et elle bondit
du bateau comme un diable de sa boîte. Son côté protecteur agace parfois un
peu Alex qui reconnaît cependant que son jugement est généralement
bon.
|