Chapitre 14
Sur le Sirius,
l’heure n’est pas à la rigolade. La situation ne s’améliore pas. Pour
l’instant, il n’y a qu’une chose à faire : foncer, foncer.
Alex
parle à son bateau :
— Plus vite mon vieux, plus vite.
À la
barre, il essaie de profiter de la moindre variation du vent pour gagner un
dixième de nœud. Le bateau décolle sur les vagues et retombe derrière dans
le fracas de tout ce qui peut bouger à l’intérieur. Le risque principal est
que le gréement ne résiste pas. En cas de démâtage, le bateau ne serait pas
perdu, mais il en serait fini des espoirs de ramener leur passagère à terre
dans les temps pour la sauver. Il faut que ça tienne et, pour cela, négocier
chaque creux, chaque vague et éviter les chocs. Le bateau marche sur la
tranche, le plat-bord tribord constamment sous l'eau. Alex a besoin de toutes
ses forces pour tenir la barre. Il est épuisé et Nina vient l’aider tout en
essayant de garder un œil sur ce qui se passe en bas. Le Sirius dispose bien
sûr d’un puissant pilote automatique, mais qui ne leur est d'aucun secours,
car il ne serait pas en mesure de barrer dans de telles conditions. Le bateau
partirait en travers, perdrait de la vitesse et suivrait une route en zigzag.
Pour qu’un pilote automatique puisse fonctionner correctement, le bateau ne
doit surtout pas être surtoilé.
Béa appelle :
— Nina, téléphone
!
Nina abandonne Alex pour répondre aux services de secours qui
appellent. Une décision a été prise. Le Sirius doit continuer à faire route
le plus vite possible vers la Martinique et, dès qu’il sera à portée
d’hélicoptère, un médecin sera hélitreuillé à bord avec tout le
matériel et les médicaments nécessaires. Les médecins sont arrivés à la
conclusion que ses reins ne fonctionnent pas normalement voire pas du tout. Il
faut absolument qu’elle reçoive une transfusion, puis qu’elle soit placée
sous perfusion. Béa est à court de sets de réhydratation. Et si on arrête de
la réhydrater et qu’on ne lui fait pas cette transfusion, c’en est fini
d’elle. Sa tension est très basse, son pouls trop lent. Ensuite, ils devront
continuer en direction du Marin où un hélicoptère la prendra en charge pour
la transporter vers l’hôpital de Fort-de-France sans perte de temps. La
Marina du Marin est un des endroits en Martinique où il est possible de poser
un hélicoptère au plus près d’un bateau de plaisance grâce à la nouvelle
esplanade où, en temps normal, les enfants font du vélo et du roller sous la
surveillance des parents discutant entre eux dans une ambiance détendue à
proximité des terrasses de cafés et des
restaurants.
— OK, on y va,
dit Alex. Je n’ai encore jamais récupéré un médecin pendu à un
hélicoptère. Ça risque d’être chaud. On va sans doute être obligés de
percuter la survie. Ça m’étonnerait qu’ils se contentent de l’annexe.
Elle est trop petite pour pouvoir embarquer de cette manière le plongeur et le
médecin avec son matériel. En plus, il faudrait démonter le moteur et le
réservoir qui l’encombrent, ce qui ne serait pas simple et nous obligerait à
arrêter le bateau pendant trop longtemps.
Il est impossible
d’hélitreuiller quelqu’un directement sur le pont d’un voilier, que ce
soit dans un sens ou dans l’autre, en raison du gréement. Dans le cas
d’abandon d’un voilier en mer avec hélitreuillage de l’équipage,
celui-ci doit généralement embarquer dans le radeau de survie et s’en
éloigner.
Embarquer sur un bateau en mer à partir d’un hélicoptère
n’est pas une chose simple. Pour commencer, un plongeur descend, pendu le long
d’un câble de décharge électrostatique, car un hélicoptère est chargé
d’électricité statique qui présente un risque d’électrocution si on ne
prend pas de précautions. Ensuite, la personne est descendue le long du câble
qui la guide, suivie de tout le matériel. Le plongeur est ensuite remonté. À
partir d’un bateau à moteur de taille suffisante, il est possible
d’évacuer une personne dans une civière spécialement conçue, à condition
de l’hélitreuiller directement du pont. Il a donc été jugé préférable
que Karine reçoive les soins intensifs qu’il sera possible de lui prodiguer
à bord pendant le temps nécessaire à l’arrivée au Marin, avant de pouvoir
l’évacuer vers un hôpital dans des conditions optimales, plutôt que de
prendre le risque d’une opération périlleuse sur l’eau et dans les
airs.
Alex se dit qu’avec un peu de chance, dans quelques heures, ils se
sentiront moins seuls et que Béa pourra respirer un peu.
Il réfléchit qu’il y a quelque part à
terre, un type qui au lieu de se préparer à prendre sa voiture pour se rendre
à son bureau où il commencera tranquillement sa journée en mettant un jeton
dans la machine à café, va se lever au milieu de la nuit pour embarquer dans
un hélicoptère. Puis il va survoler la mer des Caraïbes, descendre le long
d’une corde dans un radeau de survie ballotté par les vagues, et se faire
haler pour embarquer sur un petit bateau secoué dans tous les sens, qui va se
lancer dans un grand bord de trente heures au près serré, voile et moteur à
fond, en bondissant sur la mer tout en prenant soin d’une naufragée dont la
survie dépend de lui. Quel que soit le salaire que touche cette personne, il
lui faut quand même une bonne dose d’abnégation.
Pour l’heure, il
continue, arc-bouté sur sa barre, à négocier chaque vague en demandant à son
bateau de donner tout ce qu’il peut. Nina revient l’aider. Ils ont
maintenant un but un peu plus proche. En fait, ils attendent tous ce médecin
comme le Messie.
D’après Alex,
l’opération ne pourra pas se faire avant la fin de la nuit ou le début de la
journée de demain. Nina essaye de restaurer tout le monde avec de la nourriture
pouvant être absorbée facilement et sans avoir bien sûr à cuisiner. Béa
essaye d’alimenter un peu le garçon avec du lait concentré sucré en plus du
dernier sachet de soluté de réhydratation orale.
Vers le milieu de la
nuit, un grand claquement retentit, suivi du bruit caractéristique d’une
voile qui faseye dans le vent à tout rompre. La poulie d’écoute du génois
vient d’exploser. Alex choque immédiatement l’écoute et le roule.
Instantanément, le bateau se redresse et ralentit. Nina prend la barre pendant
qu’il plonge dans un coffre arrière avec sa lampe frontale et part à la
recherche d’une poulie équivalente en se cognant la tête partout. Il finit
par en trouver une qui pourrait aller avec la manille correspondante. Attaché
par son harnais, il part à quatre pattes sur le pont balayé par les paquets de
mer en direction du rail d’écoute, en passant par l’avant du mât, revient
car il n’a pas le bon outil, repart, installe sa poulie, repasse l’écoute,
revient. Un simple incident comme celui-ci a bien pris une demi-heure. Il faut
dire qu’il n’a pas l’habitude de bricoler sur son bateau dans de telles
conditions. En temps normal il aurait choqué les voiles, le bateau se serait
redressé, il aurait cessé de plonger dans les vagues et Alex aurait
tranquillement changé sa poulie en quelques minutes, mais pour l’heure, il
n’est pas question d’arrêter le bateau pour une poulie. Heureusement, sans
génois mais grâce à sa trinquette, le bateau s’est bien débrouillé et, au
bout du compte, il n’aura pas perdu trop de temps. Alex déroule alors le
génois, le borde à deux mains sur le winch qui, cette nuit, ne lui paraît
plus si gros et c’est reparti. Juste un avertissement pour dire « Attention
quand même » car exploser une poulie de cette taille indique qu’il y a
vraiment surcharge.
Un peu plus tard, Murielle appelle au
téléphone. C’est Nina qui répond :
— Oui, Murielle.
— Bon,
je t’embête pour une connerie. La police a saisi le bateau de Pascale pour
une enquête. Ils nous demandent de poser une question, une seule, au garçon
s’il peut y répondre. La question est : Avez-vous été abandonné en mer
volontairement ? Voilà, je te retransmets ça tel quel.
— OK. Je vais
voir.
Nina s’approche du garçon et lui touche la main.
— Hé
ho.
Il ouvre faiblement les yeux.
— Comment t’appelles-tu ?
Nina ne le presse pas, elle le laisse rassembler ses forces.
—
Meldreg.
— Et ta copine ?
Encore un silence, puis dans un souffle
:
— Karine.
— D’accord. Est-ce que tu peux répondre à une
question ? Est-ce qu’on vous a volontairement abandonnés en mer ?
—
Oui.
Nina, qui reçoit la réponse comme un choc, tente encore :
—
Qui ?
— Peter.
Elle comprend qu’il faut maintenant le laisser se
reposer.
— Merci.
Nina, qui ne pensait pas pouvoir obtenir tant
d’informations, appelle immédiatement Murielle et lui communique ce qu’elle
vient d’apprendre.
— Merci, dit Murielle, on sait donc qu’un
dénommé Peter a mis Karine et Meldreg dans le bib et on sait même à peu
près où et quand.
— Comment ?
— Grâce au graphique d’Alex,
si on connaît l’endroit où le bib a été retrouvé, on sait à peu près
où il a été mis à l’eau.
— Pas bête.
— Par contre, on ne
sait pas ce qu’est devenu ce Peter. Je ne te dérange pas plus longtemps, à
plus tard. Bon courage.
Alex est
préoccupé par l’opération prévue. Même dans une marina, il n’est pas
toujours facile d’embarquer sur un bateau, et tous les navigateurs ont en
mémoire des plongeons spectaculaires pour avoir posé le pied à côté de la
passerelle ou avoir glissé sur un échelon. Généralement, l’opération se
solde par une bonne rigolade et la moquerie des voisins. Alors, en pleine mer à
partir d’un hélicoptère, c’est à peine imaginable et si l’opération
échoue, cela risque de ne pas être drôle du tout. Heureusement, tout cela est
parfaitement rodé par des centaines d’exercices et d’opérations
réalisées. Par exemple, ce genre de sport s’effectuant généralement dans
des situations de stress, le skipper n’est plus maître à bord, il doit
suivre précisément les instructions qui lui sont données et si le plongeur
est descendu directement sur le bateau, il est habilité à en prendre lui-même
les commandes. Un peu comme un pilote qui monte sur un cargo et qui se trouve
être le supérieur du commandant. C’est une organisation très militaire, il
n’y a aucune place à l’improvisation. Alex n’a pas à se poser trop de
questions. Il attend d’être appelé à la VHF. Il va simplement vérifier que
la survie est prête à être lancée, mais il sait déjà qu’elle l’est.
Vers cinq heures, il fait encore nuit. La VHF retentit :
— Sirius
Sirius. Aéronef FG2851.
Nina prend la barre et Alex se précipite à la
radio.
— FG2851. Sirius, à votre écoute.
— Passez canal
soixante-treize.
— Soixante-treize, je passe.
Alex passe sur le
canal soixante-treize, sans en chercher plus loin la raison.
— Sirius Sirius. Aéronef FG2851.
—
FG2851. Sirius, à votre écoute.
— Nous serons sur vous dans dix
minutes. Nous allons déposer un médecin à votre bord. Allumez toutes vos
lumières. Affalez vos voiles. Avancez au moteur à deux nœuds à trente
degrés du vent. Préparez-vous à mettre à l’eau votre radeau de survie en
remorque à quinze mètres de votre bateau. Augmentez le volume de votre radio.
Attendez nos instructions.
— Bien reçu. Ma survie sera mise à l’eau
à tribord. Je ferai donc route à trente degrés du vent bâbord amure. C’est
OK ?
— OK
L’hélicoptère arrive. Alex pense qu’ils doivent
être à la limite de leur rayon d’action, car il ne les attendait pas si
tôt. Il va faire tout son possible pour ne pas les retarder. C’est sans doute
pour cela qu’ils n'ont pas pris le temps de dire bonjour.
Nina ralentit
le moteur à mille deux cents tours. Soudain, c’est le calme. Pour commencer,
Alex roule le génois. Il est fébrile. Puis affale la trinquette, qu’il ferle
rapidement dans une filière. Il demande à Nina de choquer la grand-voile à
partir du cockpit, puis la ferle sur la bôme qu’il amarre. Nina a déjà mis
le bateau à trente degrés du vent. Il est un peu secoué, car plus aucune
voile ne l’appuie, mais rien du tout comparé au grand tour de manège
qu’ils viennent de subir.
L’hélicoptère apparaît et fait son
approche en descendant vers eux. Un gros projecteur, genre poursuite de scène,
est allumé et les éclaire comme en plein jour. Alex demande à Béa si elle
peut monter sur le pont et prendre la barre. Elle abandonne un instant sa
patiente et s’exécute pendant qu’Alex et Nina se rendent sur le pont avant
et commencent à détacher la survie, se tenant prêts à la mettre à
l’eau.
L’hélicoptère vient se positionner juste à la verticale de
l’arrière du bateau en se déplaçant exactement à sa vitesse. Il est
tellement bas que l’on pourrait croire que les pales vont heurter le mât. Le
vacarme est assourdissant. Le vent vertical écrase la mer. Le bateau ne bouge
plus. Heureusement qu’il ne porte aucune voile. Alex s’inquiète un instant
car la trinquette est seulement sommairement ferlée dans une filière, mais
non, ça va, en fait, elle est plaquée au pont par le vent de l’appareil et
ne bouge pas trop. Les panneaux solaires, quant à eux, se trouvent soumis à
rude épreuve. Ce serait bien qu’ils résistent.
— Sirius, mettez la
survie à l’eau.
Alex et Nina
s’exécutent. Cela leur fait bizarre de mettre leur bib à l’eau après
toutes ces années de navigation pendant lesquelles ils ont réussi à ne jamais
y avoir recours. Ils ont gonflé deux fois des survies mais à chaque fois,
c'était au moment de les remplacer car elles étaient devenues trop vieilles
et, malgré leur âge, elles se sont toujours gonflées. Ils soulèvent le
conteneur, le jettent par-dessus bord et Nina tire sur le bout. Celui-ci lui
paraît soudain très long puis résiste lorsqu’elle arrive au percuteur. On
ne distingue d'abord aucun bruit caractéristique du gonflement en raison du
vacarme de l'hélicoptère qui couvre tout, puis le conteneur s'ouvre et le
radeau prend forme sous leurs yeux en même temps qu'il s'éloigne dans le
sillage du bateau. Sans détacher le cordage de son piton d’amarrage, Alex le
guide jusqu’à l’arrière, le passe par un chaumard puis l’amarre à un
winch en s’assurant qu’il ne frotte sur rien. Par chance, le radeau s’est
gonflé à l’endroit. Il y avait une chance sur deux et, si le pilote vise
juste, le plongeur pourra descendre directement dedans sans avoir à se mettre
à l’eau pour le remettre à l’endroit. À ce moment, un homme-araignée
descend de l'hélicoptère par son fil et se pose juste dans la survie grâce à
la dextérité du pilote. Il tient tendu le câble le long duquel un autre homme
descend, suivi d’un gros sac. L’homme-araignée remonte ensuite et
disparaît dans son hélicoptère. Alex ramène le bib jusqu’au bateau au
niveau du cockpit. Nina met vite en place une échelle de coupée. Le gros sac
est monté à bord et le médecin arrive dans le cockpit. L’hélicoptère
repart immédiatement en remontant son câble.
— Ça, c'est du grand art
! se dit Alex.
Assisté de Nina, il va renvoyer la
grand-voile, puis la trinquette et le génois. Toutes les voiles sont bordées
à plat, le moteur est accéléré à plein régime, car malheureusement le vent
ne permet toujours pas de faire route directe vers la Martinique, et le bateau
repart de plus belle à un rythme d’enfer qui leur semble ne plus jamais
devoir s’arrêter. En bas, Béa présente Karine et Meldreg au médecin, qui
commence immédiatement à les ausculter. Il demande s’il y a moyen de
suspendre des poches. Béa appelle Alex, qui prend des serre-joints dans sa
caisse à outils et les accroche aux barreaux de pont au‑dessus de la
couchette de Karine et de celle de Meldreg. Le médecin installe les perfusions.
Karine a droit à une sonde nasogastrique. Elle se voit injecter plusieurs
produits destinés à soutenir son cœur, à la fortifier et surtout, reçoit
une transfusion sanguine. Un moniteur cardiaque est installé. Le carré du
Sirius ressemble maintenant à une salle de réanimation inclinée de trente
degrés à droite et secouée dans tous les sens. Le gros sac est calé par
terre contre la table du carré. Il semble qu’il y ait tout un hôpital
là‑dedans. Alex, Nina et Béa se sentent soulagés, le sort de Karine et
Meldreg ne repose plus uniquement sur leurs épaules. Une personne compétente
s’occupe d’eux. Ils n'ont plus qu'à se charger de ramener le bateau et
toutes ces âmes au Marin, simplement un peu plus vite que s'ils étaient en
croisière, et ça, ils savent le faire. Pour commencer, il faut remonter le
radeau de survie, ce qui risque de ne pas être facile. Alex ne veut pas
l'abandonner en mer, car s'il fallait renouveler l'opération, il manquerait.
Continuer à le remorquer à cette vitesse n’est pas raisonnable et le cordage
ne résisterait pas longtemps. Il va falloir le sortir sur le pont avant du
côté au vent, en raison des voiles qui gêneraient sur l’autre bord. Pour
commencer, il ralentit le moteur et amène sa remorque à bâbord. Les voiles
sont choquées pour ralentir et redresser le bateau. Puis, à trois, ils
amènent le bib le long de la coque au niveau du pont avant. Juste en dessous,
le médecin doit se demander ce qui se passe, et Béa fait sans cesse des
allers-retours pour se renseigner si tout va bien et s'il n'a besoin de rien.
Mais tous se demandent ce qui pourrait bien impressionner ce monsieur.
Ils
attrapent ensemble la main courante du bib et le hissent au‑dessus des
filières. La moitié de la survie est encore à l’extérieur du bateau quand
Nina dévisse les bouchons des boudins. En quelques instants, le radeau devient
mou et peut maintenant être ramené sur le pont un peu comme une voile. Dès
qu'il est sorti de l'eau, ils finissent de le dégonfler, le ferlent et
l'attachent. Tous aux winchs pour border les écoutes. Le moteur est accéléré
et c’est reparti pour un tour de manège. Une fois la survie pliée et
amarrée aux filières bâbord en un tas de tissus orange, Alex se demande
comment il pourrait faire pour la regonfler s'il fallait renouveler l'opération
ou, pire, abandonner le bateau, quand son regard est attiré par la bouteille de
plongée que Dom a laissée à bord bien rangée dans son support. Il lui a
montré un jour comment utiliser une bouteille de plongée pour regonfler une
annexe et a laissé à bord un raccord spécial. Dans les coffres arrières du
Sirius, on trouve maintenant beaucoup de matériel de plongée lui appartenant.
Donc Alex sait qu’il pourra regonfler la survie en cas de besoin et ça,
c’est rassurant. L'hélitreuillage s’est finalement bien passé. Un des
panneaux solaires a pris un air franchement penché car son support est tordu,
l'anémomètre s'est envolé, une antenne cassée en deux, mais heureusement pas
indispensable, se balance à son câble le long du portique. Rien de grave
compte tenu de ce qu'ils viennent de
vivre.