Chapitre 15
Chapitre 15
Ce début de journée trouve
le Sirius à deux cent dix-sept miles de La Blanquilla. La zone prévue de
recherche se situe entre les îlots Orquilla et Morochos. Il n’est pas
question d’arriver directement là mais de choisir un camp de base abrité à
La Blanquilla d’où il sera possible d’atteindre rapidement le lieu
d’exploration. En arrivant par le nord, le premier mouillage sur la côte sous
le vent est House Anchorage. Il s’agit d’une petite baie bien protégée,
ouverte au nord-ouest et bordée d’une plage. Sur la carte, l’endroit a
l’air idéal. Toute l’équipe aimerait arriver là pour se reposer de la
traversée. La profondeur n’est pas très importante mais suffisante. Le fond
est de sable en pente douce vers la plage. Ensuite après avoir contourné Punta
De La Aguada il y a une baie bien moins fermée mais qui semble utilisable entre
une pointe et un îlot. Puis sur la côte sud de l’île se trouve Playa
Caranton juste en dessous du phare automatique de l’île, hors service depuis
longtemps selon les documents nautiques, enfin plus vers l’ouest, South Bay.
Ce mouillage aurait l’avantage d’être le plus près de la zone à explorer,
mais il a la particularité de se situer juste en face d’une base militaire.
Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a une base militaire à La
Blanquilla bien que l’île soit totalement inhabitée.
Il s’agit de trois bâtiments où six
soldats étaient remplacés tous les deux mois pour garder la petite piste
d’aviation utilisée uniquement pour leur relève. La base semble maintenant
abandonnée ce qui serait préférable. D’ailleurs lors de l’explosion du
bateau de pêche, de celui des pirates et tous les tirs d’armes lourdes à
seulement neuf miles de là, personne n’a bougé sur l’île. On peut même
penser que le Bertram était basé par là et faisait son trafic depuis
longtemps sans être ennuyé. Enfin, le fait que la caisse d’or n’ait pu
arriver sur l’île que par la piste d’aviation confirme que cette base
n’est probablement pas active. Il faudra simplement vérifier cela avant d’y
installer le camp de base de l’expédition. Le problème qui se pose pour
l’instant est qu’à la vitesse actuelle, l’arrivée à House Anchorage se
ferait de nuit et que même avec les moyens de navigation modernes il n’est
pas envisageable d’entrer dans un petit mouillage comme celui-ci dans une zone
mal cartographiée sans une bonne connaissance des lieux. Ne pouvant pas
accélérer, il faudrait ralentir le bateau pour arriver après-demain au matin.
Une autre solution serait de contourner l’île par l’ouest puis de longer la
côte sud pour aller directement voir au petit matin si le mouillage à South
Bay est envisageable. Une approche par l’est n’est de toute façon pas
prévue. En marin prudent, surtout de nuit, Alex préfère longer une côte
inconnue sous le vent qu’au vent. Une petite visite « en touriste » à la
base militaire permettrait de savoir s’il y a quelqu’un. À ce stade, la
décision n’est pas encore prise. Cela dépendra principalement du vent.
L’équipage se prépare donc à passer encore deux journées et deux nuits en
mer.
Nina appelle Raymond par satellite. Elle lui
donne la position et discute cinq minutes de la vie à bord. Rien de spécial au
Marin. Il l’informe en rigolant qu’il n’a pas été fait mention du
départ du Sirius au journal télévisé ni à la une de France Antilles !
Alex reçoit par radio les cartes météo et un bulletin de la station de La
Nouvelle-Orléans en Louisiane, qui couvre la mer des Caraïbes. La tendance
serait à une augmentation du vent avec une rotation au nord-est. Et ça c’est
intéressant.